LIV. Sur cette réponse des Athéniens, les Corinthiens se disposèrent à faire voile pour leur pays et élevèrent un trophée à Sybota du continent. Les Corcyréens, de leur côté, recueillirent les débris des vaisseaux et leurs morts ; car le courant et le vent qui s’était élevé la nuit les avaient poussés vers eux et dispersés de toutes parts sur le rivage ; ils élevèrent aussi, comme vainqueurs, un trophée dans l’ile de Sybota. Voici, du reste, sur quels fondements les deux partis s’attribuaient la victoire : les Corinthiens, supérieurs dans le combat naval jusqu’à la nuit, avaient pu recueillir la plus grande partie des débris et enlever leurs morts ; ils avaient fait au moins mille prisonniers et coulé environ soixante-dix navires ; ils élevèrent donc un trophée. Les Corcyréens avaient détruit trente vaisseaux ; après l’arrivée des Athéniens ils avaient recueilli les débris des navires et les morts qui étaient de leur côté ; la veille, les Corinthiens avaient rétrogradé devant eux, à la vue des vaisseaux d’Athènes, et, après l’arrivée des Athéniens, ils n’avaient point osé quitter Sybota pour venir à leur rencontre : c’est pourquoi ils éle- vèrent aussi un trophée. Ainsi les deux partis s’attribuaient la victoire.