XLII. « Réfléchissez donc à ce que nous avons fait ; vous qui êtes jeunes, apprenez-le des anciens, et songez à nous payer de retour. Surtout n’allez pas, tout en reconnaissant la justesse de nos observations, vous imaginer que vos intérêts sont tout autres, en cas de guerre : celui-là assure le mieux ses intérêts qui commet le moins de fautes. Cette guerre à venir, dont les Corcyréens exploitent la crainte pour vous pousser à l’injustice, est encore chose obscure, incertaine ; et il ne convient pas que cette pensée vous trouble au point de vous faire encourir, de la part des Corinthiens, une haine non plus à venir, mais actuelle et inévitable. « Il est plus sage de mettre de côté les défiances qui se sont précédemment élevées entre nous au sujet des Megariens Les Mégariens, en guerre avec Corinthe pour une question de territoire, avaient abandonné l’alliance de Lacédémone pour s’unir aux Athéniens (V. liv. i , ch. 103). . Car un dernier service, rendu à propos Il s’agit évidemment du service que les Corinthiens sollicitent actuellement et qui effacerait le souvenir de l’offense faite à propos de Mégare. , fût-il même léger, peut effacer une offense beaucoup plus grave. Ne vous laissez pas non plus séduire par l’importance de leur marine ; car on assure mieux sa puissance en évitant toute injustice envers ses égaux, qu’en se faissant entraîner par l’apparence d’avantages actuels à poursuivre, au milieu des dangers, un accroissement de pouvoir.