<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text><body><div type="translation" xml:lang="fre" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2" n="1"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:1" n="25"><p>XXV. Les Épidamniens, voyant qu’ils n’avaient aucun secours à attendre de Corcyre, et ne sachant comment sortir d’embarras, en voyèrent à Delphes demander à l’oracle s’ils ne devaient pas remettre le protectorat de la ville aux Corinthiens, comme à leurs fondateurs, et essayer d’en obtenir quelques secours. Le dieu leur ordonna de se donner aux Corinthiens et de les prendre pour chefs. Les ambassadeurs d’Épidamne se rendirent à Corinthe et, conformément aux ordres de l’oracle, offrirent la remise de la colonie<note xml:lang="fre" type="footnote">436 av. J.-C.</note> ; ils représentaient que leur fondateur était Corinthien, et invoquaient la réponse du dieu, priant instamment qu’on ne les abandonnât pas dans leur détresse et qu’on leur prêtât assistance. Les Corinthiens firent droit à cette juste demande et les prirent sous leur protection ; car ils étaient persuadés qu’Épidamne relevait d’eux, comme colonie, tout autant que de Corcyre. Ils avaient un autre motif, leur haine contre les Corcyréens qui les négligeaient, quoique sortis de leur sein. Ceux-ci, au lieu de leur rendre les honneurs d’usage dans les solennités de la Grèce et de choisir, comme les autres colonies, un Corinthien pour présider à leurs sacrifices, dédaignaient la métropole. Ils étaient à cette époque riches et puissants à l’égal des États les plus opulents <pb n="v.1.p.28"/> de la Grèce ; ils l’emportaient même par leurs armements, et ne manquaient pas, dans l’occasion, de vanter la grande supériorité de leur marine ; enfin ils avaient hérité, pour les constructions navales, de la réputation d’habileté des Phéaciens, anciens habitants de Corcyre. Aussi s’adonnaient-ils avec d’autant plus d’ardeur à la navigation ; leur puissance était considérable, puisqu’ils possédaient cent-vingt trirèmes quand ils commencèrent la guerre.</p></div></div></div></body></text></TEI>