XX. Telle m’est apparue l’antiquité. Il est difficile, du reste, d’admettre tous les témoignages qui se transmettent d’àge en âge ; car, en général, les hommes se communiquent sans aucun contrôle le récit des faits passés, même de ceux qui intéressent leur propre pays. C’est ainsi que la plupart des Athéniens croient qu’Hipparque exerçait la tyrannie quand il fut tué par Har- modius et Aristogiton. Ils ne savent pas qu’Hippias commandait alors, comme aîné des fils de Pisistrate, et qu’Hipparquc et Thessalus étaient ses frères. Au jour fixé, et au moment même de l’exécution, Harmodius et Aristogiton soupçonnèrent que quelques-uns de leurs complices avaient fait des révélations à Hippias ; le croyant instruit, ils s’abstinrent à son égard ; mais ils voulurent du moins, avant d’être arrêtés, faire quelque action d’éclat et ne pas s’être exposés pour rien ; ayant rencontré près du temple nommé Léocorion Le Léocorion était un temple d’Athènes consacré aux filles de Léos, fils d’Orphée. L’oracle de Delphes avait déclaré que le seul moyen de sauver la ville était de les sacrifier, et leur père les avait livrées lui-même ( Élien , Hist. div. xii , 28). Hipparque occupé à se préparer pour la fête des Panathénées Fète en l’honneur de Minerve. Les grandes panathénées se célébraient tous les quatre ans. ils le tuèrent. Il y a beaucoup d’autres faits, même contemporains et que le temps n’a pas effacés de la mémoire, dont on n’a cependant que de fausses idées dans le reste de la Grèce ; ainsi on croit que les rois de Lacédémone donnent chacun deux suffrages au lieu d’un, et qu’ils ont une cohorte appelée Pitanate, ce qui n’a jamais existé. Tant la plupart des hommes ont peu de souci de la recherche du vrai et s’attachent de préférence à ce qui est sous leur main !