XVIII. Plus tard les tyrans d’Athènes et les derniers des nombreux tyrans qui longtemps avaient opprimé le reste de la Grèce furent chassés par les Lacédémoniens Hippias, tyran d’Athènes, fut chassé par Cléomène, roi de Sparte (an 510). Aristote rapporte également ( Polit., v , 8) que la plupart des tyrans furent chassés par les Lacédémoniens. , à l’exception de ceux de Sicile En Sicile, la tyrannie finit à Agrigente, vers 472 av. J.-C., par l’expulsion de Thrasydée. Thrasybule, dernier tyran de Syracuse, fut chassé en 465. . Quant à Lacédémone, des séditions presque continuelles l’agitèrent, aussi loin que nous puissions remonter, de son occupation Les Doriens ne fondèrent pas Sparte ; ils s’en emparèrent sur les Achéens. par les Doriens ses habitants actuels ; mais néanmoins elle eut très anciennement de bonnes lois Hérodote dit ( i , 65) qu’aucun peuple de la Grèce n’eut d’aussi mauvaises lois que les Lacédémoniens jusqu’à Lycurgue. et se pré- serva toujours de la tyrannie. En effet, quatre cents ans et plus se sont écoulés de l’établissement de la législation qui régit encore aujourd’hui les Lacédémoniens à la fin de la guerre actuelle La guerre du Péloponnèse se termine en 404 av. J.-C., époque de la prise d’Athènes par Lysandre. On place ordinairement la réforme de Lycurgue 884 avant J.-C. Il y aurait donc un intervalle de 480 ans. . C’est à cette stabilité qu’ils durent la puissance qui leur permit d’intervenir pour régler les intérêts des autres villes. Peu d’années après l’expulsion des tyrans de la Grèce se livra la bataille de Marathon, entre les Athéniens et les Mèdes 490 av. J.-C. . Ce fut dix ans plus tard que le Barbare revint à la tête de la grande expédition pour asservir la Grèce 480 av. J.-C. . Devant l’imminence et la grandeur du danger les Lacédémoniens, supérieurs en puissance, prirent le commandement des Grecs alliés pour la résistance ; les Athéniens, à l’approche des Mèdes, eurent la pensée d’abandonner leur ville ; ils transportèrent tout ce qu’ils purent à bord de leurs vaisseaux et prirent la mer pour demeure ; puis, lorsque les barbares eurent été repoussés d’un commun effort, ceux des Grecs qui secouèrent le joug du roi, tout aussi bien que ceux qui l’avaient combattu d’abord, ne tardèrent pas à se partager entre les Athéniens et les Lacédémoniens : c’étaient là évidemment les deux puissances prépondérantes, l’une sur terre, l’autre sur mer. Leur union fut de courte durée : bientôt après, les Lacédémoniens et les Athéniens en vinrent à une rupture et se firent la guerre avec l’assistance de leurs alliés. Dès lors ceux des autres Grecs entre lesquels s’élevait quelque différend eurent recours à l’une des deux nations rivales ; et de cette sorte tout le temps qui sépare la guerre médique de la guerre actuelle se passa pour les Athéniens et les Lacédémoniens en alternatives continuelles de traités et de combats, soit entre eux, soit avec leurs alliés révoltés ; ils arrivèrent donc à la lutte parfaitement préparés, et avec toute l’expérience que donne l’habitude d’agir au milieu des dangers.