XIV. Telles étaient les marines les plus puissantes : on voit assez qu’elles ne se formèrent que plusieurs générations après la guerre de Troie ; les trirèmes y étaient peu en usage. Alors encore, comme au siége de Troie, les flottes ne se composaient que de pentécontores Vaisseaux de cinquante rameurs, disposés sur un seul rang, vingt-cinq de chaque côté. et de vaisseaux longs. Peu de temps avant la guerre médique et la mort du roi des Perses Darius, successeur de Cambyse, les tyrans de Sicile Gélon offrit aux Grecs deux cents trirèmes, contre Xerxès, s’ils voulaient lui donner le commandement en chef de l’expédition. et les Corcyréens eurent de nombreuses trirèmes. Ces flottes sont les dernières qui méritent d’être citées en Grèce, avant l’expédition deXerxès. Car, jusque-là, les Éginètes, les Athéniens et quelques autres peuples, n’avaient qu’une marine sans importance, composée surtout de pentécontores Od. Muller oppose avec raison à cette assertion do nombreux passages des historiens anciens qui prouvent qu’antérieurement déjà la Grèce avait équipé de nombreuses galères. Égine, surtout, parait avoir eu une grande puissance ; car les historiens lui donnent le titre de reine des mers. . Ce fut même assez tard que, sur les conseils de Thémistocle, les Athéniens, en guerre avec les Éginètes, et dans l’attente de l’invasion barbare, construisirent des vaisseaux sur lesquels ils combattirent ; et encore ces bâtiments n’étaient-ils pas complétement pontés.