<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="5"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="1"><p>L’été suivant <note xml:lang="eng" place="unspecified">Dixième année de la guerre, 422 avant J.-C.</note>, la trêve d’une année expirait aux jeux Pythiques<note xml:lang="mul"><p>On admet communément que les jeux Pythiques se célébraient en automne la troisième année de chaque olympiade. Cette époque cadre mal avec la fin de la trêve, qui avait commencé le 10 du mois Élaphébolion (mars-avril). Aussi, pour éluder cette difficulté, a-t-on proposé d’entendre cette phrase comme si la trêve était expirée et que la guerre eût recommencé jusqu’aux jeux Pythiques, à l’occasion desquels une nouvelle trêve aurait eu lieu; explication bien compliquée et qui s’accorde mal avec la précision ordinaire du récit de Thucydide. L’époque des jeux Pythiques est controversée. Ne pourrait-on pas inférer de ce passagequ’ils avaient lieu au printemps? </p></note>. Elle durait encore lorsque les Athéniens expulsèrent de leur île les habitants de Délos, comme coupables d’un ancien délit qui, suivant eux, entachait leur caractère sacré. D’ailleurs ils trouvaient que ce point manquait encore à la purification mentionnée ci-dessus<note xml:lang="mul"><p>Voyez liv. III, ch. civ. On reprochait aux Déliens de n’avoir pas toujours respecté la sainteté de leur île. </p></note>, et pour laquelle ils avaient cru devoir enlever les tombes des morts. Les Déliens se retirèrent en Asie, à Atramyttion, que Pharnacès leur donna <note xml:lang="mul"><p>Pharnacès était le père de Pharnabaze et le satrape de la province Dascylitide pour le roi Artaxerxès. Voyez liv. VIII, ch. vi et LVIII. </p></note>, et où s’établirent ceux d’entre eux qui le voulurent.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="2"><p>A l'expiration de la trêve, Cléon obtint des Athéniens
d’être envoyé sur le littoral de la Thrace avec douze cents hoplites et trois cents cavaliers d’Athènes, un plus grand nombre d’alliés et trente vaisseaux. Il toucha en premier lieu à Scione, dont le siège durait encore ; et, après avoir renforcé son armée d’un certain nombre d’hoplites tirés des assiégeants, il alla descendre au port des Colophoniens<note xml:lang="mul"><p>Place maritime appartenant aux Toronéens. On ignore l’origine de son nom et le rapport qu’il pouvait avoir avec la ville de Colophon en Ionie. </p></note>, à quelque distance de Torone. Averti par des transfuges que Brasidas n’était pas dans la place et qu’elle avait peu de défenseurs, il marcha contre elle avec ses troupes de terre, et détacha dix vaisseaux pour pénétrer dans le port. Il s’approcha d’abord de la nouvelle enceinte que Brasidas avait élevée pour annexer le faubourg à la ville par le moyen d’une brèche pratiquée dans l’ancien mur.


<pb n="265"/></p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="3"><p>Le commandant lacédémonien Pasitélidas<note xml:lang="mul"><p>Au liv. IV, ch. cxxxn, le commandant lacédé-monien de Torone est appelé, sans variante, Épitélidas. Il faut donc admettre, ou bien un changement de gouverneur à un si court intervalle, ou bien, ce qui est plus probable, une confusion de noms. </p></note> l’attendait derrière les remparts à la tête de la garnison ; cependant, la vigueur de l’attaque et l’apparition des vaisseaux détachés contre le port lui firent craindre que si ces derniers trouvaient la ville dégarnie et que le mur d’enceinte fût pris, lui-même ne se vît enfermé dans le faubourg. Il l’évacua donc pour se porter à la course vers la ville; mais il fut prévenu par les Athéniens. Ceux de la flotte occupaient déjà Torone; l’armée de terre, serrant de près les ennemis , se jeta avec eux tout d’un trait dans la brèche de l’ancien mur. Une partie des Pélo-ponésiens et des Toronéens périrent dans la mêlée ; le reste fut fait prisonnier, notamment Pasitélidas. Pour Brasidas, il venait au secours de Torone ; mais, informé en route qu’elle était prise, il rebroussa chemin. Il ne s’en fallut que de quarante stades qu’il n’arrivât à temps. Cléon et les Athéniens érigèrent deux trophées, l’un près du port, l’autre près du mur d’enceinte. Ils réduisirent en esclavage les femmes et les enfants des Toronéens ; les hommes furent envoyés à Athènes avec les Péloponésiens et les Chalcidéens qui se trouvaient dans la ville. En tout, ces captifs étaient au nombre de sept cents. Plus tard, lorsque la paix fut conclue, les Péloponésiens furent mis en liberté, et le reste échangé homme pour homme par les Olynthiens.
</p><p>Environ la même époque, les Béotiens prirent par trahison Panacton, forteresse athénienne, située sur les confins des deux pays. Cléon, après avoir mis garnison dans Torone, leva l’ancre et doubla l’Athos, pour se diriger sur Amphipolis.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="4"><p>Vers le même temps, Phéax, fils d’Érasistratos, partit avec deux vaisseaux pour l’Italie et la Sicile, où il était député, lui troisième, par les Athéniens. Depuis que ceux-ci avaient quitté la Sicile après l’édit de pacification<note xml:lang="mul"><p>Voyez liv. IV, ch. xxv. </p></note>, les Léontins avaient accordé le droit de cité à beaucoup de monde, et le peuple méditait le partage des terres. Instruits de ce projet, les riches appelèrent les Syracusains et chassèrent le parti démocratique. Ces bannis se dispersèrent çà et là. Quant aux riches, ils traitèrent avec les Syracusains, abandonnèrent leur ville, qui devint déserte, et allèrent s’établirent à Syracuse, qui leur donna le titre de citoyens. Plus tard, quelques-uns d’entre eux, mécontents de ce séjour, quittèrent Syracuse pour se retirer à Phocées, quartier de la ville des Léontins, et à Bncinnies , petit fort du même territoire. La plupart des bannis de la faction populaire vinrent les rejoindre, et soutinrent la guerre à


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l’abri de ces remparts. Informés de cet état de choses, les Athéniens avaient député Phéax pour engager les alliée de ces contrées<note xml:lang="mul"><p>Contre les Syracusains, qui voulaient les forcer à résider à Syracuse. </p></note> et, s’il se pouvait, les autres Grecs de Sicile, à réunir leurs armes contre Syracuse et à sauver le peuple lécntin.
</p><p>A son arrivée, Phéax réussit à persuader les Camarinéens et les Agrigentins; mais ayant rencontré de l’opposition dans Gela, il ne poussa pas plus loin des démarches dont il pressentait la stérilité. Il revint à Catane par le pays des Sicules, visita Brioinnies, releva le courage des habitants, et repartit.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="5"><p>Dans sa traversée en Sicile et à son retour, Phéax essaya d’engager quelques villes d’Italie dans l’alliance d’Athènes. Il rencontra des Locriens, expulsés de Messine, où ils s’étaient établis à la suite de la pacification de la Sicile. A cette époque, l’un des deux partis qui divisaient Messine avaient appelé les Locriens; ceux-ci avaient envoyé une colonie dans cette ville, dont ils étaient devenus les maîtres pour un certain temps <note xml:lang="mul"><p>Plus tard une réaction les en avait chassés. </p></note>. Phéax, les ayant donc rencontrés, ne leur fit aucun mal ; car il venait de conclure alliance avec les Locriens <note xml:lang="mul"><p>Locriens-Épizéphyriens, habitants de la ville de Locres en Italie. </p></note> au nom d’Athènes. C’étaient les seuls alliés qui, lors de la pacification de la Sicile, n’eussent pas traité avec les Athéniens ; même alors ils ne l’auraient pas fait, s’ils n’eussent eu sur les bras une guerre contre les Itoniens et les Méléens, leurs voisins et leurs colons. Phéax revint ensuite à Athènes.
</p></div></div></div></body></text></TEI>