<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="4"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="56"><p>Pendant que les Athéniens dévastaient les côtes de la Laconie, les Lacédémoniens se tinrent la Plupart du temps en repos. Chaque garnison à proximité de laquelle s'opérait une descente, se croyait trop inférieure en nombre et obéissait aux motifs qui viennent d’être énumérés. Une seule garnison se défendit près de Cotyrta et d’Aphrodisia<note xml:lang="mul"><p>Bourgades situées près de la ville· de Bœoer entre le-cap Malée et la presqu’île d’Onougnathos. </p></note>. Elle fondit sur une troupe légère dispersée dans la campagne, et la mit en déroute ; mais accueillie par les hoplites, elle se retira en perdant quelques hommes. Les Athéniens enlevèrent les armes, érigèrent un trophée et revinrent à Cythère.
</p><p>De là ils longèrent la côte jusqu’à Épidaure-Liméra, dont ils ravagèrent partiellement le territoire ; puis ils se dirigèrent vers Thyréa, ville située en Cynurie, sur les confins de l’Argolide et de la Laconie. Les Lacédémoniens, à qui cette ville appartenait, l’avaient cédée aux émigrés d’Égine, soit en retour des services qu’ils en avaient reçus lors du tremblement de terre et de l’insurrection des Hilotes <note xml:lang="mul"><p>Voy. liv. I, ch. ci, note U </p></note>. soit aussi parce que les Éginètes,

<pb n="222"/>

qugique sujçts d’Athènes, n’avaient pas laissé de tenir constamment leur parti <note xml:lang="mul"><p>Voy. liv. I, ch. lxvit, et liv. Π, ch. xxvn. </p></note>.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="57"><p>A l’apprôche des Athéniens, les Ëginètes abandonnèrent le fort qu’ils construisaient près du rivage, et se retirèrent dans la ville haute qu’ils habitaient, à dix stades de la mer. Une garnison lacédémonienne du voisinage, qui travaillait avec em à la fortification, refusa, malgré leurs instances, d’entrer dans la ville, où il lui sembla dangereux de s’enfermer. Elle aima mieux se retirer sur la hauteur ; et, ne se jugeant pas en mesure de combattre, elle se tint en repos.
</p><p>Les Athéniens abordent ; et, s’avançant aussitôt avec toutes leurs forces, ils s’emparent de Thyréa. La ville fut entièrement pillée et livrée aux flammes. Ils repartirent ensuite, emmenant tous les Éginètes qui n’avaient pas péri dans la mêlée, et avec eux le Lacédémonien Tantalos fils de Patroclès, qui commandait la place et qui fut pris blessé. Ils emmenèrent pareillement un certain nombre de Cythériens, qu’ils estimaient prudent de déporter. Le peuple d’Athènes décida que ces derniers seraient déposés dans les îles ; que les autres Cythériens demeureraient dans leur patrie, à condition de payer un tribut de quatre talents; que tous les Éginètes seraient mis à mort, à cause de leur ini-. mitié invétérée ; enfin que Tantalos serait tenu dans les fers avec les autres Lacédémoniens pris à Sphactérie.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="58"><p>Le même été, en Sicile, les habitants de Camarine conclurent d’abord avec ceux de Géla une suspension d’armes. Ensuite des députés de toutes les villes grecques de la Sicile s’assemblèrent à Géla, et ouvrirent des conférences dans le but d’opérer une réconciliation générale. Une foule d’opinions contradictoires furent émises de part et d’autre ; on ne s’entendait point et les prétentions les plus opposées se faisaient jour, selon que chacun se croyait lésé dans ses droits. Le Syracusain Hermocratès fils d’Hermon contribua le plus à rallier les suffrages en prononçant dans l’assemblée le discours suivant :
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="59"><p>« Député d’une ville qui n’est point des plus faibles ni des plus éprouvées par la guerre, je prends la parole dans cette assemblée pour énoncer l’avis qui me paraît le plus conforme à l’intérêt bien entendu de la Sicile.
a Et d’abord, à quoi sert d’énumérer longuement les maux que la guerre traîne après elle? Us ne nous sont que trop connus. D’ailleurs ce n’est pas par ignorance qu’on l’entreprend, ni par crainte qu’on l’évite, si Ton croit y trouver du profit ; mais les uns considèrent ses avantages comme supérieurs à ses inconvénients

<pb n="223"/>

; les autres aiment mieux courir un danger que de subir une perte immédiate. Il n’y a qu’un cas où les exhortations à la paix aient chance d'être écoutées : c’est lorsqu’il y a malentendu entre les deux partis. Je voudrais vous convaincre que telle est notre position actuelle. Dans le principe, nous avons pris les armes pour soutenir ce que chacun de nous regardait comme son intérêt ; aujourd’hui nous sommes assemblés pour chercher à nous mettre d’accord. Si nous ne pouvons y réussir, la lutte recommencera avec une nouvelle ardeur.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="60"><p>« Et pourtant si nous sommes sages, il s’agira moins encore dans cette assemblée de régler nos intérêts particuliers, que de préserver la Sicile des pièges que lui tendent les Athéniens. Aussi, pour amener un rapprochement entre nous,, je compte bien moins sur mes discours que sur les Athéniens eux-mêmes. Plus puissants qu’aucun peuple de la Grèce, ils épient, avec un petit nombre de vaisseaux, les fautes que nous pourrons commettre ; et, sous le voile d’une alliance légitime, ils exercent au profit de leur ambition leur haine naturelle contre nous. Si nous persistons à nous faire la guerre, si nous appe-• Ions à notre aide ces hommes qui, pour intervenir, n’attendent pas qu’ on les sollicite, si nous nous entre-déchirons comme à plaisir, en un mot, si nous travaillons nous-mêmes à l’extension de leur empire, n’en doutez pas : à pèine nous verrontrils épuisés, qu’ils arriveront en forces pour faire passer tout ce pays sous leur joug.
</p></div></div></div></body></text></TEI>