<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="4"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="131"><p>Maîtres de Mende, ils marchèrent contre Scione. Les habitants réunis aux Péloponésiêns sortirent à leur rencontre et prirent position en avant de la ville sur une éminence escarpée, dont les ennemis étaient obligés de s’emparer avant de commencer l’investissement. Les Athéniens assaillirent cette éminence et en délogèrent ceux qui l'occupaient. Ils y campèrent eux-mêmes, érigèrent un trophée et procédèrent à la circonvallation. Ils étaient depuis peu à l’ouvrage, lorsque les y auxiliaires assiégés dans la citadelle de Mende forcèrent le poste du bord de la mer et arrivèrent à Scione pendant la nuit. Ils se dérobèrent pour la plupart aux Athéniens campés sous les murs et s’introduisirent dans la place.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="132"><p>Pendant qu’on travaillait à l'investissement de

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Scione, Perdiccas conclut, par le ministère d'on héraut, un accord avec les généraux athéniens. Il avait entamé cette négociation, en haine de Brasidas, immédiatement après sa retraite du Lyncos. Le Lacédémoniea Ischagoras était sur le point d’amener par terre des renforts à Brasidas. Dés que l'accord avec Perdiccas fut conclu, Nicias pressa ce prince de donner aux Athéniens un gage de fidélité ; et, comme Perdiccas ne demandait pas mieux que de fermer aux Péloponésiens l’accès de ses Ëtats, il agit auprès de ses hôtes de Thessalie, qui étaient toujours les hommes les plus marquants. Par leur moyen, il arrêta la marche de l'armée et les préparatifs, si bien que les Péloponésiens n'essayèrent pas même de traverser la Thessalie. Cependant Ischagoras, Aminias et Aristéus se rendirent de leurs personnes auprès de Brasidas. Ils avaient mission des Lacédémoniens d'examiner l’état des affaires, et amenaient avec eux de jeunes Spartiates, auxquels, contrairement à l'usage, on devait confier le gouvernement des villes, afin qu’il ne fût plus entre les mains d'hommes sans aveu. Cléaridas, fils de Cléony-mos, fut établi gouverneur à Amphipolis, et Ëpitélidas<note xml:lang="mul"><p>Le même est appelé Pasitélidas au liv. V, ch. in, où ce nom est répété trois fois. </p></note>, fils d'Hégésandros, à Torone.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="133"><p>Le même été , les Thébains démantelèrent la ville de Thespies, sous prétexte qu’elle inclinait vers le parti d’Athènes. De tout temps ils avaient eu ce dessein. L’occasion leur parut favorable, parce que la fleur de la jeunesse thes-pienne avait péri dans le combat livré aux Athéniens<note xml:lang="mul"><p>La bataille de Délion, où les Thespiens avaient été particulièrement maltraités. Voyez ch. xcvi. </p></note>.
</p><p>Ce fut aussi dans le même été que le temple de Junon à Argos fut incendié par l’imprudence de la prêtresse Chrysis, qui s’endormit après avoir placé près des guirlandes une lampe allumée. Le feu prit sans qu’on s’en aperçût, et le temple tout entier devint la proie des flammes. Chrysis, redoutant la colère des Argiens, se sauva cette nuit même à Phlionte. Les Ar-giens, conformément à la loi, établirent une autre prêtresse, nommée Phaïnis. Lorsque Chrysis prit la fuite, il y avait huit ans et demi que la guerre était commencée<note xml:lang="mul"><p>On a vu liv. II, ch. n, que les Argiens comptaient les années civiles d’après la série des prêtresses de Junon, et que Chrysis, au commencement de la guerre, était en charge depuis quarante-huit ans. </p></note>.
</p><p>Sur la fin de l’été, l’investissement de Scione fut achevé. Les Athéniens y laissèrent des troupes de siège, et le reste de leur armée se retira.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="134"><p>L’hiver suivant, les Athéniens et les Lacédémoniens se tinrent en repos par respect pour la trêve; mais les Mantinéens et les Tégéates, assistés de leurs alliés, se livrèrent un combat àLaodicion dans l'Oresthide <note xml:lang="mul"><p>Territoire de la ville d’Oresthéion, fondée par Oresthéus, fils de Lycon. Elle était dans le district de Ménale en Arcadie. Voyez liv. V, ch. lxiv. </p></note>. La victoire fut indécise : des deux côtés, l'une des ailes eut l’avantage. Les deux partis dressèrent

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un trophée et envoyèrent des dépouilles à Delphes. Il est vrai que le nombre des morts fut grand de part et d’autre, que le succès fut balancé et que la nuit seule sépara les combattants ; néanmoins, les Tégéates bivaquèrent sur le champ de bataille et dressèrent un trophée dans le premier moment,tandis que les Mantinéens se retirèrent à Boucolion, et n’érigèrent le leur que plus tard.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="135"><p>L’hiver tirait à sa fin et Ton touchait au printemps, lorsque Brasidas fit une tentative sur Potidée. Il s’en approcha de nuit et parvint à appliquer une échelle sans être aperçu. Il avait profité du moment où la sentinelle allait remettre la clochette à son plus proche voisin, et n’avait pas encore regagné son poste<note xml:lang="mul"><p>A certaines heures de la nuit, les sentinelles des remparts faisaient la ronde, en se transmettant de main en main une clochette qu’elles agitaient, afin de s’assurer qu’aucune d’elles n’était endormie.    </p></note>. Mais il fut découvert, et se retira promptement sans tenter l’escalade ni même attendre qu’il fît jour.
</p><p>Là-dessus l’hiver finit, et avec lui la neuvième année de la guerre que Thucydide a racontée.</p></div></div></div></body></text></TEI>