<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="4"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="111"><p>Brasidas, après s’être un peu avancé, avait fait halte avec le gros de sa troupe et détaché cent peltastes, qui devaient se jeter dans la ville sitôt que les portes seraient ouvertes et qu’on aurait élevé le signal convenu; mais ce signal se faisait attendre. Etonnés de ce retard, les peltastes s’étaient insensiblement approchés de la ville. Pendant ce temps, les Toronéens entrés avec les sept soldats avaient enfoncé la petite porte et ouvert à coups de hache celle qui conduit à la place publique. Par la première ils introduisirent d’abord quelques soldats, afin

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d’effrayer des deux côtés par leur apparition soudaine les habitants étrangers au complot ; ensuite ils élevèrent, comme on était convenu, le signal de feu, et firent entrer le reste des pel-tastes par la porte de la place publique.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="112"><p>A l’aspect de ce signal, Brasidas s’élance à la course. Son armée se lève en poussant un cri terrible, qui remplit Il ville de stupeur. Les uns pénètrent à l’instant par les portes; les autres escaladent à l'aide de poutres d’équarrissage, qui étaient inclinées contre le mur dégradé et qui servaient à élever des pierres destinées à les réparer. Brasidas avec le gros de l’armée se dirigea incontinent vers le haut de la ville, afin de s’assurer des points culminants. Le reste de ses troupes se répandit en tout sens.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="113"><p>Pendant qu’on prenait la ville, les habitants, dont la plupart ignoraient le complot, étaient en grand émoi. Les traîtres au contraire et ceux qui les approuvaient se joignirent sur-le-champ au corps d’occupation. Une cinquantaine d’hoplites athéniens se trouvaient couchés sur la place publique. A la première alerte, les uns se mirent en défense et périrent les armes à la main ; les autres se sauvèrent ou par terre ou sur deux vaisseaux qui étaient en station. Ils se réfugièrent dans le fort de Lécythos que les Athéniens possédaient, et qui occupe une langue de terre séparée du reste de la ville par un isthme étroit. Ceux des Toronéens qui leur étaient dévoués cherchèrent unasile auprès d’eux.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="114"><p>Le jour commençait à luire et la prise delà ville était un fait accompli, lorsque Brasidas adressa une proclamation aux Toronéens fugitifs, pour les engager à rentrer chez en sans crainte d'être inquiétés. Il fit également sommer les Athéniens d'évacuer Lécythos avec armes et bagages, attendu que cette place appartenait aux Chalcidéens. Les Athéniens répondirent par un refus; mais ils demandèrent un jour de trêve pour enlever leurs morts. Brasidas en accorda deux. Il profita de cet intervalle pour fortifier les maisons voisines; les Athéniens en firent autant de leur côté.
</p><p>Brasidas convoqua ensuite les Toronéens et leur répéta à pea près ce qu’il avait dit à ceux d’Acanthe : qu'il ne serait pis juste de regarder comme traîtres ou mauvais citoyens ceux qui avaient négocié avec lui ; car ils n’avaient pas agi par intérêt ni dans le but d’asservir leur patrie, mais au contraire, pour assurer son bonheur et sa liberté ; que ceux qui étaient demeurés étrangers à l’entreprise ne devaient pas s’attendre à

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être moins favorisés que les autres ; qu’il n’était venu pour la ruine d’aucune ville ni d’aucun particulier; qu’il avait dans cet esprit adressé une proclamation à ceux qui s’étaient réfugiés auprès des Athéniens et qui, pour leur être attachés, n’avaient point perdu son estime ; qu'il ne doutait pas qu’après avoir fait l’épreuve des Lacédémoniens , ils n’eussent pour eux autant d’affection, si ce n’est plus, en raison de leur droiture ; que leurs craintes actuelles venaiênt de ce qu’ils ne les connaissaient pas. Il les exhorta tous ensemble à être des alliés fidèles. « Désormais, ajouta-t-il, vous répondrez des fautes que vous aurez commises. Pour le passé, nous ne nous plaignons pas ; c’est vous plutôt qui avez droit de vous plaindre de Fop-pression étrangère qui pesait sur vous et qui explique votre résistance précédente. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="115"><p>Lorsqu’il les eut ainsi tranquillisés et que la trêve fut expirée, Brasidas attaqua Lécythos. Les Athéniens n avaient pour toute défense qu’un méchant rempart et des maisons crénelées ; cependant ils ne laissèrent pas de résister le premier jour. Le lendemain , l’ennemi s’approcha en poussant devant lui une machine destinée à mettre le feu aux retranchements de bois. Les Athéniens, qui s’attendaient à ce qu’elle serait appliquée au point le- plus faible, lui opposèrent une tour de bois, qu’ils élevèrent sur un édifice déjà existant. Ils y transportèrent de grosses pierres avec quantité d’amphores et de jarres pleines d’eau ; enfin beaucoup d’hommes y montèrent; mais tout à coup l’édifice surchargé s’tffondra à grand bruit. Ceux des Athéniens qui étaient proches en conçurent plus de chagrin que de crainte ; mais les autres et surtout les plus éloignés, s'imaginant la ville prise sur ce point, s’enfuirent du côté de la mer et des vaisseau!.
</p></div></div></div></body></text></TEI>