<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="4"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="101"><p>Délion fut pris dix-sept jours après la bataille. Le héraut athénien, sans rien savoir de ce qui s’était passé, revint peu de temps après pour demander les morts. Cette fois les Béotiens

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ne firent plus difficulté pour les rendre. Leur perte dans le combat fut d’un peu moins de cinq cents hommes; celle des Athéniens de mille, parmi lesquels Hippocratès leur général, sans compter bon nombre de valets et de soldate armés à la légère.
</p><p>Quelque temps après, Démosthène, qui avait échoué dans son entreprise sur Siphæ où l’on avait pratiqué des intelligences, fit une descente en Sicyonie avec des Acarnaniens, des Agréens, et quatre cents hoplites d’Athènes. Mais, avant que touslesbâti-ments eussent touché terre, les Sicyoniens accoururent et mirent en fuite les soldats débarqués. Ils les poursuivirent jusqu’à la rade, en tuèrent plusieurs et en prirent d’autres vivants. Sur quoi ils dressèrent un trophée et rendirent les morts par composition.
</p><p>Pendant le siège de Délion, Sitalcès roi des Odryses trouva la mort dans une expédition contre les Triballiens, où son armée fut défaite. Son neveu Seuthès, fils de Spardacos, devint alors roi des Odryses et de tous les pays de Thrace sur lesquels s’étendait la domination de son oncle.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="102"><p>Le même hiver, Brasidas, avec les alliés du littoral de la Thrace, marcha contre Amphipolis, colonie athénienne, située sur le fleuve Strymon. Arist agoras de Milet, fuyant le roiDarius, avait fait un premier essai de colonisation sur l’emplacement de cette ville ; mais il avait été chassé par les Édoniens <note xml:lang="mul"><p>Comparez Hérodote, liv. V, ch. n etcxxiv. </p></note>. Trente-deux ans plus tard, Athènes y envoya dix mille colons, composés d’Athéniens et des étrangers qui voulurent s’y joindre. Ils furent taillés en pièces à Drabescos par les Thraces<note xml:lang="mul"><p>Voyez liv. I, ch. c. On rapporte généralement la mort d’Aristagoras à l’an 497 av. J. C., l’envoi de dix mille colons athéniens à l’an 465, enfin l’établissement d’Hagnon à l’an 437 av. J. C. </p></note>. Au bout de vingt-neuf ans, les Athéniens revinrent sous la conduite d’Hag-non,fils de Nicias. Ils chassèrent les Édoniens, et bâtirent une ville dans le lieu appelé précédemment les Neuf-Voies. Leur point de départ fut Éïon, comptoir maritime qu’ils possédaient à l’embouchure du fleuve, à vingt-cinq stades de la ville actuelle. Hagnon la nomma Amphipolis parce que, voulant achever d’enceindre la place baignée de deux côtés par le Strymon, il ferma d’un long mur l’ouverture du demi cercle décrit par le fleuve, et construisit la ville de manière à ce qu’elle fût aperçue de la meret du continent<note xml:lang="mul"><p>Le Strymon, après sa sortie du lac Cercinitis, forme un coude ouvert du côté de 1Έ. L’espace circonscrit de la sorte est occupé par une colline, sur les deux penchants de laquelle fut bâtie Amphipolis. Le mur construit par Hagnon formait la corde de l’arc décrit par le fleuve. De cette situation dérive le nom d’Amphipolis (la ville double), parce qu’elle était à cheval sur la colline, partie sur la pente septentrionale et partie^sur la pente méridionale. </p></note>.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="103"><p>C’est contre cette place que Brasidas, parti d’Arné en Chalcidique, s’avança avec son armée. Il arriva dans la soirée à Aulon et à Bromiscos, près de l’endroit où le lac Bolbé se déverse dans la mer. Après le repas du soir, il continua sa route pendant la nuit. Le temps était mauvais et neigeux, raison de plus pour accélérer sa marche ; car il voulait dérober son approche

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à ceux des habitants qui Tignoraient. La population d’Amphipolis renfermait un certain nombre d’Argiliens originaires d’Andros, ainsi que d’autres gens qui étaient entrés dans le complot à l’instigation de Perdiccas ou des Chalcidéens; mais les plus chauds partisans de l’entreprise étaient les Argiliens. Habitants du voisinage, ils étaient en mauvais termes avec les Athéniens. Il y avait longtemps qu’en vue de s’emparer d’Am-phipolis, ils avaient noué des intelligences avec leurs concitoyens domiciliés dans cette ville. L’arrivée de Brasidas leur parut le moment d’agir. Ils accueillirent donc ce général dans leurs murs, se déclarèrent en révolte contre les Athéniens, et cette nuit même ils conduisirent l’armée jusqu’au pont jeté sur le fleuve <note xml:lang="mul"><p>Le pont d’Amphipolis était le seul qui existât sur. le Strymon. Les campagnes des Amphipolitains ôtaient pour la plupart situées au delà du fleuve. Depuis cette époque la ville s’agrandit et atteignit la rive gauche du Strymon. </p></note>. La ville d’Amphipolis en est peu éloignée, et à cette époque les murs n’y aboutissaient pas comme aujourd’hui. On n’y tenait qu’un faible poste, que Brasidas n’eut pas de peine à enlever. Secondé à la fois par la trahison, par le mauvais temps et par le mystère de son approche, ü franchit le pont, et se trouva aussitôt maître de tout ce que les habitants possédaient hors des murs.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="104"><p>La surprise causée par cette occupation, l’affluence des gens du dehors qui fuyaient, la nouvelle que plusieurs d’entre eux étaient prisonniers, tout se réunit pour causer dans Amphipolis une alarme d’autant plus vive qu’on n’y était pas sans défiances mutuelles. Aussi assure-t-on que si Brasidas, au lieu de laisser son armée se livrer à la maraude, eût marché sur la ville sans perte de temps, il eût eu chance de la prendre. Mais il s’amusa à camper, à courir la campagne; et, ne voyant rien venir de ce qu’il attendait de l’intérieur, il resta dans l’inaction. Le parti opposé aux traîtres était le plus nombreux. Il empêcha d’ouvrir à l’instant les portes; et, d’accord avec le général athénien Euclès qui avait le commandement d’Amphipolis, il fit demander du secours à l'autre général de l’armée de Thrace. C’était Thucydide, fils d’Oloros, l’auteur de cette histoire. Celui-ci se trouvait alors dans l’île de Thasos, colonie de Paros, à une demi-journée de navigation d’Amphipolis. Sur cet avis, il s’empressa de mettre en mer avec sept vaisseaux qu’il avait sous la main. Il voulait, s’il était possible, prévenir la reddition d’Amphipolis, ou tout au moins s’assurer d’Éïon.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:4" n="105"><p>Brasidas redoutait l’arrivée de cette flottille venant de Thasos. Informé que Thucydide possédait dans cette partie de la Thrace une exploitation de mines d’or qui lui donnait la plus grande influence sur toute la contrée<note xml:lang="mul"><p>Sur les mines situées vis-à-vis de Thasos, voyez liv. I, ch. c. Ces mines appartenaient alors aux Athéniens, qui les affermaient comme les autres branches du revenu public. Thucydide avait peut-être soumissionné l’exploitation, et y employait un grand nombre d’ouvriers. </p></note>, il s’empressa de le devancer

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en brusquant l’occupation d’Amphipolis. Il craignait qu’une fois ce général dans leurs murs, les Amphipolitains ne voulussent plus rien entendre, dans l’espoir d’être secourus du côté de la mer par leurs alliés et du côté de la terre par les troupes que Thucydide rassemblerait en Thrace. Brasidas offrit ckmc des conditions modérées. Il fit publier par un héraut que les Amphipolitains et les Athéniens qui se trouvaient dans la ville seraient libres d’y rester, en conservant leurs biens et la jouissance de l égalité civile ; que ceux à qui ces conditions ne convenaient pas auraient cinq jours pour sortir en emportant leurs effets.
</p></div></div></div></body></text></TEI>