<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:py="http://codespeak.net/lxml/objectify/pytype" py:pytype="TREE"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="3"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:3" n="97"><p>Les Messéniens donnaient à Démosthène les mêmes conseils que précédemment. Aies entendre, rien n’était plus aisé pour lui que la conquête de l’Étolie, pourvu qu’il allât droit aux villages, sans donner aux Étoliens le temps de se reconnaître, eten s? bornant à occuper la terre qu’il foulait. Démosthène les crut; et, se fiant à la fortune qui ne lui avait jamais fait défaut, il n’attendit pas même l’arrivée du renfort que les Locrienslui ménageaient, renfort qui lui eût été précieux, car il manquait surtout de gens «de trait légèrement armés. Il marcha sur Édition, qu’il enleva d'emblée, les habitants s’étant réfugiés sur les hauteurs voisines. Cette ville est située sur une éminenceï quatre-vingts stades de la mer. Mais bientôt les Ëtoliens se portèrent au secours d’Ëgition. Ils attaquèrent les Athéniens et leurs alliés, fondirent de toutes parts sur eux du haut des collines, et les criblèrent de javelots. Quand l’armée athénienne avançait, ils cédaient le terrain ; reculait-elle, ils revenaient à | la charge. Le combat se prolongea ainsi dans ces alternatives d’attaque et de retraite, espèce de manœuvre où les Athéniens | avaient constamment le dessous.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:3" n="98"><p>Tant que les archers eurent des flèches, et furent à j même de s’en servir, ils soutinrent le combat. Les Ëtoliens armés à la légère se repliaient pour éviter leurs coups. Mais les archers, privés de leur chef, se débandèrent. Les Athéniens, harassés par la répétition des mêmes mouvements et couverts de traits par les Ëtoliens, lâchèrent pied ; et, comme leurguids-le Messénien Chromon, avait perdu la vie, ils se jetèrent dans des fondrières infranchissables, dans des lieux inconnus, où ils trouvèrent la mort. Les Étoliens agiles et lestement équipes atteignirent sur-le-champ plusieurs des fuyards et les percèrent de javelots. La plupart des Athéniens manquèrent la route et s’engagèrent dans une forêt des plus épaisses ; les ennemis Teih vironnèrent et y mirent le feu. Enfin les Athéniens en compl^ désarroi s’enfuirent dans toutes les directions. Ceux qui ptfj vinrent à s'échapper rejoignirent la mer et la ville d’OEnéon m Locride, leur point de départ. Il périt une foule d’alliés et nd

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moins de cent vingt hoplites athéniens, fleur de la jeunesse moissonnée dans cette guerre, ainsi que Proclès l’un des deux généraux. Les Athéniens, après avoir relevé leurs morts par composition, se retirèrent d’abord à Naupacte et ensuite à Athènes avec la flotte. Pour Démosthène, il resta aux environs de Naupacte ; il craignait le courroux des Athéniens après un désastre pareil.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:3" n="99"><p>A la même époque, les Athéniens qui étaient en Sicile firent voile ^ers le pays de Locres <note xml:lang="mul"><p>La ville des Loerieos-Épizéphyrieus, située à l’extrémité S. E. de l’Italie. Le fleuve Halex formait la limite entre le territoire de cette ville et celui de Rhégion. Les Locrieus d’Italie étaient alliés de Syracuse et par conséquent ennemis des Athéniens. </p></note>. Ils vainquirent dans une descente un corps de Locriens accouru pour les repousser, et prirent un fortin situé à l’embouchure du fleuve Halex.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:3" n="100"><p>Le même été, les Ëtoliens députèrent à Corinthe et à Lacédémone Tolophos l’Ophionéen, Boriadès l’Eurytane et Tisandros l’Apodote. Ils obtinrent l’envoi d’un corps de troupes destiné à attaquer Naupacte, qui avait attiré contre eux les armes d’Athènes. Les Lacédémoniens firent partir, sur la fin de l'automne, trois mille hoplites alliés, dont cinq cents avaient été fournis par la nouvelle colonie d’Héraclée-Trachinienne. Les chefs de cette expédition étaient les Spartiates Eurylochos, Macarios et Ménédéos.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:3" n="101"><p>L’armée étant rassemblée à Delphes, Eurylochos envoya un héraut chez les Locriens-Qzoles, dont il fallait traverser le pays pour atteindre Naupacte, et qu’il voulait d’ailleurs détacher des Athéniens. Il fut activement secondé dans ce but par les Locriens d’Amphissa, qui craignaient toujours les Phocéens. Ils commencèrent par donner eux-mêmes des otages; puis, profitant de la terreur qu’inspirait l’approche de l’armée, ils engagèrent les autres à en faire autant. Ils gagnèrent d’abord les Myonéens, leurs voisins les plus proches et les maîtres des débouchés qui conduisent en Phocide ; ensuite les Ipnéens, les Messapiens, les Tritéens, les Chaléens, les Tolophoniens, les Hessiens et les OEanthéens. Tous ces peuples se joignirent à l’expédition. Les Olpéens fournirent des otages, mais point de troupes. Les Hyéens ne livrèrent des otages que lorsqu’on leur eut pris ledr village de Polis.
</p></div></div></div></body></text></TEI>